Dans nuit et brouillard
Expulsée froidement
Aperçu du projet
Nous avons besoin de vous ! Une famille afghane a été expulsée en pleine nuit. Cette pratique peut-elle se généraliser ? Est-ce normal qu’une patiente soit sortie de la clinique de psychiatrie et transférée à travers l’Europe avec sa mère malade et ses deux jeunes enfants ? Y a-t-il des limites ? Si oui, lesquelles ? Nous voulons clarifier la situation sous l’angle du droit et aider cette famille à se reconstruire là où elle aura le droit de rest
Objectifs de financement
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Étape 1:
7 000 CHF
100% financé
Ce montant permettra de couvrir tous les coûts consécutifs à l’expulsion, tels que les achats de vêtements, de nourriture, de médicaments de premiers secours, les frais liés à une opération dentaire d’urgence et les honoraires d’avocat, déjà avancés en partie par l’association Offenes Scherli.
Concernant les questions liées au droit d’asile, nous collaborons avec l’association Asylex, qui représente les intérêts de la famille. Asylex offre des conseils juridiques et dépend de dons appropriés.
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Étape 2:
12 000 CHF
100% financé
Ce cas présente un caractère de principe. Nous voulons éviter que des procédures comme celle-ci deviennent monnaie courante. Nous avons eu connaissance d’autres cas similaires survenus au cours du printemps 2023. Il sera probablement nécessaire de recourir à un conseil juridique externe pour les questions extraordinaires. Cette somme, et au besoin le montant prévu en phase 3 du projet, servira à couvrir ces dépenses.
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Étape finale:
18 000 CHF
105% financé
Nous voulons aussi soutenir à long terme cette famille traitée de manière inhumaine par la Suisse et lui permettre de devenir autonome, quel que soit le pays où elle se trouve. Cette somme facilitera et soutiendra l’intégration des deux femmes, et celle des enfants en particulier, dans leur nouvel environnement. Les risques pourront être atténués et une réserve sera constituée, dans la mesure du possible, pour la formation des enfants. Notre association et ses personnes bénévoles expertes en intégration ont une longue expérience en la matière.
Nous devons savoir, ce qui s’est passé exactement dans la nuit du 20 au 21 mars 2023 à la clinique universitaire de psychiatrie de Berne ! Nous devons savoir comment l’expulsion a été préparée, comment elle s’est déroulée, quelles sont les démarches administratives et les mesures effectives qui ont permis son exécution. Le cadre légal a-t-il été respecté pendant la préparation et le déroulement ? Devons-nous craindre que ce type d’actions des autorités devienne une pratique courante ? D’autres cas similaires sont connus, dont celui d’une personne qui s’est suicidée durant son hospitalisation*. Les personnes particulièrement vulnérables, hospitalisées dans une clinique de psychiatrie, ne bénéficient-elles d’aucune protection ? N’existe-t-il ni devoir d’assistance pour les médecins ni règles déontologiques ? N’y a-t-il aucune directive concernant l'évaluation de l’aptitude au transport des personnes à expulser, la consultation de médecins traitants ? N’y a-t-il pas d’instructions particulières relatives aux expulsions d’enfants ? Quelles règles ont été respectées et lesquelles ont été enfreintes dans le cas de cette famille afghane ? Le cas échéant, QUI a enfreint la loi ? Comment la voie hiérarchique et les contacts au sein du réseau d’information ont-ils fonctionné ? Avec quelles conséquences ? Les infractions commises relèvent-elles du droit pénal ? Notre voulons dans un premier temps établir la transparence sur les faits, puis apporter notre aide à cette famille, qui doit obtenir justice ainsi que l’accompagnement et le soutien nécessaires sur son chemin vers un avenir meilleur. La prise en charge par les États européens des personnes qui ont fui la guerre dans leur pays après y avoir vécu des événements terribles ressemble malheureusement au parcours d’exportation des tomates : une fois transportées du pays de production vers un deuxième pays pour y être lavées, elles sont envoyées vers un troisième, où elles sont mises en boîte. Nous ne voulons pas oublier les personnes qui ont été expulsées de notre pays et faisons notre possible pour les soutenir et les accompagner sur le chemin d’une possible intégration. C’est ce que nous avons pu obtenir pour de nombreuses personnes réfugiées qui sont arrivées dans notre village année après année et ont réussi à s’intégrer après avoir fait un apprentissage. Notre continent et notre pays ont besoin de ces personnes.
*Les noms de famille et les prénoms ont été remplacés par des pseudonymes pour des raisons de sécurité. Les détails du récit sont exacts et peuvent être documentés.
Lors de cette fameuse nuit, à deux heures du matin, d’autres fonctionnaires ont pénétré dans la pièce où vivaient la grand-mère et les deux enfants dans le centre d’hébergement collectif de Langnau en Emmental. Après avoir réveillé la famille apeurée, les fonctionnaires ont forcé la grand-mère et les enfants à préparer quelques affaires et les ont conduits à l’aéroport. Encore en pyjama, les enfants ont été placés dans un vol pour Madrid, avec leur mère et leur grand-mère. Ce n’est qu’une fois arrivé-e-s à l’hébergement en Espagne que la mère a pu doucher et habiller ses enfants. 90 % des maigres possessions de la famille, dont les jouets et les vêtements des enfants, sont restés au centre d’hébergement de Langnau et se trouvent aujourd’hui encore en Suisse. La propriété n’a manifestement aucune valeur lorsqu’il s’agit de celle des personnes réfugiées.
(…) Ende Mai hat sich in einer anderen psychiatrischen Klinik im Kanton Bern eine Tragödie ereignet:
Ein afghanischer Asylsuchender erhielt die Ankündigung, dass er demnächst von der Polizei abgeholt werde, um zwangsweise nach Griechenland zurückgebracht zu werden. Er nahm sich das Leben.
Dass der Mann psychisch stark belastet war, darüber waren die Behörden informiert. Doch das Berner Migrationsamt stellt sich in einer Stellungnahme an seine Anwältin auf den Standpunkt, dass weder
die psychiatrische Diagnose noch Suizidabsichten einen Hinderungsgrund für eine Ausschaffung darstellen würden, solange der Vollzug ärztlich begleitet werde.
Auf Nachfrage der NZZ schreibt das Amt, dass es sich bei Ausschaffungen aus Psychiatrien um Einzelfälle handle, zu denen man sich aus «personen- und datenschutzrechtlichen Gründen» nicht
weiter äussern könne. In der Regel gelte aber: «Psychische Krankheiten stehen einer Rückführung nicht entgegen.» Lägen bei einer Person indes gesundheitliche Einschränkungen vor, werde eine
ärztliche Begleitung angeordnet.» (…)
Leserbrief zu: NZZ-Artikel vom 5. Juli 2023: «Von der Psychiatrie direkt ins Flugzeug: Die Schweiz schafft
regelmässig traumatisierte Asylsuchende aus»
Den afghanischen Asylsuchenden, der sich in einer Berner Klinik das Leben nahm, habe ich gekannt. Ich lernte ihn am Ökumenischen Mittagstisch für von der Nothilfe lebenden Personen kennen und schätzte ihn als überlegten Gesprächspartner.
Innerhalb weniger Monate musste ich miterleben, wie es ihm gesundheitlich immer schlechter ging. Es ist für mich unbegreiflich, dass jemandem nach mehrfach geäusserten Suizidabsichten, sich selbst zugefügten Verletzungen und insbesondere nach einem Suizidversuch vom Migrationsamt das Ausreiseverfahren nach Griechenland
«erklärt» wird. Dieses Gespräch fand in der Kriseninterventionsabteilung eines Regionalspitals statt, wo der Asylsuchende hospitalisiert war und unter medikamentöser Behandlung stand. «Griechenland war schlimmer als Afghanistan», sagte er einmal zu mir. Er musste dann in eine psychiatrische Klinik verlegt werden, wo der 28-Jährige, wie es in der NZZ vom 5. Juli 2023 zu lesen war, seinem Lebenein Ende setzte.
Angesichts der prekären Verhältnisse in Griechenland müsste es doch möglich sein, auf aufwändige Rückführungen von besonders verletzlichen Personen in dieses Land zu verzichten und ihnen die Chance auf ein Leben in der Schweiz zu geben.
Peter Gerber
Fachstelle Migration der Reformierten Kirchen Bern-Jura-Solothurn
Altenbergstrasse 66, 3000 Bern 22
Ellen Matthys, Film
Gabriele Gattiker, bénevole
Jürg Schneider, chef de projet
Reto Kaeser, coordinateur
Smilla Wittwer, graphisme
Nous sommes une organisation bénévole de Niederscherli (commune de Köniz) qui, outre la rencontre avec les demandeurs d'asile et les réfugiés, s'efforce de favoriser leur intégration mais aussi de leur apporter un soutien juridique lorsque quelque chose poses probèmes dans leur procédure d'asile. Entre-temps, nous sommes connus pour notre travail dans le canton de Berne et au-delà . Nous accompagnons les demandeurs d'asile dans leurs procédures en réseau avec d'autres organisations (ag-nothilfe, solinetze) et avec des avocats spécialisés.
Au départ, je voulais simplement donner des cours d'allemand aux réfugiés de notre village avec ma femme. Avec le temps, nous avons remarqué que beaucoup de choses ne fonctionnaient pas bien dans le domaine de l'asile. C'est pourquoi les cours d'allemand sont devenus un travail à plein temps en tant que bénévole et activiste. Par exemple :
A) Je ne veux pas comprendre qu'en Suisse, un pays qui se vante volontiers d'avoir "inventé les droits de l'homme", les autorités traitent avec désinvolture et sans tenir compte de la situation individuelle des personnes particulièrement vulnérables comme les enfants et les femmes d'Afghanistan (ou d'autres pays où la situation des droits de l'homme est mauvaise). Les abus dans les procédures d'asile sont bien trop peu connus, le droit d'asile et le droit des étrangers sont souvent également problématiques sur le plan juridique. Cela vaut par exemple pour les personnes qui doivent vivre pendant des années dans le cadre de ce que l'on appelle "l'aide d'urgence", qui n'est pas une aide d'urgence, mais sert surtout à éloigner les personnes concernées. La procédure dite "de Dublin", où des enfants et des familles sont transportés à travers l'Europe comme s'il s'agissait de tomates ou de bétail, donne également lieu à de nombreux actes inhumains. Il est difficile d'empêcher beaucoup de choses, mais l'État de droit et le respect des droits de l'homme dans les procédures doivent toujours être réclamés avec insistance.
Notre projet est donc exemplaire : il s'agit d'abord d'éviter que les procédures des autorités - comme celles décrites dans ce projet - ne fassent école et ne deviennent une pratique établie. Deuxièmement, il est important que la famille concernée, qui a vécu des choses terribles dans son pays d'origine, pendant sa fuite et chez nous, reçoive un soutien et une aide lors de son intégration, où qu'elle se déroule finalement. Un coup de pouce financier - en plus de l'attention personnelle - peut souvent faire la différence, l'attention à long terme est essentielle pour retrouver la confiance lorsque celle-ci a été brisée et abusée de manière aussi fondamentale et répétée.
Il y a sept ans, j'ai vu la tragédie des migrants à la télévision sous forme d'images et de reportages. Le simple fait de les regarder m'était insupportable, je ressentais un grand sentiment d'impuissance, car je n'avais aucune idée de la manière dont je pouvais aider ces personnes. En 2021, une collègue du groupe de méditation de l'église réformée de Langnau m'a contactée pour me demander si je voulais participer au projet 'ensemble ici' à Langnau. J'ai accepté sans hésiter. Depuis lors, mon rayon d'action s'étend pas à pas dans cette direction ; je vois toute la complexité et le drame de plus en plus au niveau politique et le grand besoin d'accompagnement et de soutien à organiser individuellement, tant pour les individus que pour les familles. Je suis énormément sollicitée par les événements qui se présentent à moi et j'ai besoin de toute mon expérience professionnelle et personnelle, longue de plusieurs dizaines d'années, pour pouvoir me mouvoir et exister dans ce domaine de la manière la plus souveraine et compétente possible.
Gabriele Gattìker, pédagogue curative diplômée
Thérapeute de la danse et du mouvement
Formatrice Low Vision
Activités bénévoles : 'zusammen hier', église réf. de Langnau, association interculturelle, Langnau, collaboration dans le projet